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Quelle façon éloquente de mettre son âme au grand jour, de dépeindre une
passion, sa passion!
Daniel Sarazin se décrit d'abord et avant tout comme un coIoriste. II affirme
ne jamais faire de croquis préalable avant de réaliser un tableau. II aime
élaborer son sujet a partir de quelques éléments qui sont déjà en place et
qui deviennent des sources d'inspiration. Les plans de profondeur, la lumière
et l'atmosphère globale de la scène sont plus importants à ses yeux que le
respect de la perspective.
Cela dit, le caractère peu orthodoxe de l'oeuvre de cet artiste n'en est pas
moins fascinant pour autant. Des tableaux où les personnages baignent dans
I'ambiance du moment présent, une ambiance qui déborde parfois en diptyque
ou en triptyque, une ambiance enfin,
contemplative et presque eni-
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vrante. On pourrait même y voir une note
d'humour ! En effet, l'exagération et la déformation morphologique
des
personnages font que ces derniers semblent mettre en doute la raison d'être
de l'existence, susciter l'éveil de la conscience humaine et interroger
le bien-fondé de la dramatisation. "Vous savez, je suis avant tout un être
positif, j'aime I'humour et il y a même un aspect naïf dans mes tableaux",
dit l'artiste.
A 30 ans, ce natif de Trois-Rivières, au Québec, dessine depuis son tout
jeune âge. Or, il s'est intéressé à la peinture alors qu'il avait 15 ans.
Depuis, la couleur, de même que ses nombreuses applications, n'a cessé de
nourrir l'imagination créative de l'artiste. Le paysage s'est révélé son
sujet de prédilection. La lumière s'est ensuite imposée graduellement dans
son cheminement pictural au point de deve-
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nir l'élément premier de toute sa création.
Puis voilà que sont arrivés les personnages, jusqu'alors quasi absents
de ses tableaux. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées sort apparus,
comme pour pallier le fait d'avoir été laissés pour compte si longtemps.
Ils ont surgi subitement, avec affirmation, envahissant la toile à un point
tel qu'ils en sacrifient un peu de leur anatomie à l'occasion. Qu'à cela ne
tienne, reste que cette particularité s'inscrit parmi les aspects d'originalité
propres aux compositions de Sarazin.
Comme on le sait, l'élaboration d'une oeuvre d'art, repose sur la structure et
la composition, quelle qu'en soit la forme. C'est, en fait, ce qui distingue
l'original du banal. Les connaisseurs et les critiques d'art qualifient
parfois certains tableaux d'amateurs, mais ils ne
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