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n'avait que quatorze ans tous deux
peignaient souvent en plein air. II a développé cette habitude, en construisant
lui-même un studio portatif; une sorte de boite à compartiments aux dimensions
ajustées à son équipement et qui contient ses papiers, pinceaux, couleurs, de
l'eau, un siège pliable et des pattes ajustables.
"II me suit partout", dit-il. Je peux peindre dans une automobile, assis dans
un canoé, à flanc de colline ou en pleine rue. Et je le fais. Si je manque
de temps, je trace rapidement une esquisse que je termine en studio, mais
je préfère de loin travailler à l'extérieur. " II travaille alors rapidement
et sans effort, apparemment sans tomber dans la contemplation. Et pourtant,
il capte tout aussi bien la dimension matérielle qu'immatérielle de son sujet,
que ce soit une clairière en forêt, la berge d'une rivière ou une scène urbaine.
Dans ce dernier cas, on entend alors le bruit de la rue, tout autant qu'on le
voit, et un paysage d'hiver provoque involontairement un frisson.
La souplesse de son pinceau peut enluminer les détails d'architecture d'un
édifice comme le ferait un véritable artisan. Le même pinceau capte la lumière
diffuse et la qualité éphémère de cette même lumière se levant sur un lac au
petit matin. Ses paysages, peints en Estrie, témoignent de ses origines
italiennes et de sa capacité de traiter en douceur un sujet qui serait autrement
rêche.
Le talent de Tiengo s'est développé au cours des années. Durant les années de
guerre, l'Italie offrait peu de sécurité financière au jeune aquarelliste. II
s'inscrit donc à I'Instituto Technico Industriale de Rovigo et étudie le génie
mécanique, ce qu'il n'aime pas, même si cela devait plus tard lui apporter une
expérience pratique. À la fin de ses études en 1945, il enseigne le design
industriel pendant huit ans. Puis un événement vient changer son orientation.
Sous l'impulsion du moment, il participe à un concours de design de meubles et,
à sa grande surprise, remporte le premier prix dans toutes les catégories. Une
nouvelle carrière se prépare. Mais pour devenir designer de meubles en Italie, il
lui faut détenir un diplôme en architecture. "J'ai alors décidé d'aller
travailler quelque part où il n'y aurait pas de semblables restrictions"
avoue-t-il. Ne pouvant obtenir de permis aux ÉtatsUnis, il débarque à Montréal
en 1956.
Dans les années qui suivent, il devient un des meilleurs designers canadiens de
meubles, comme en témoignent quatre prix nationaux et douze prix provinciaux
d'excellence. Préférant le travail à la pige à un emploi fixe, il peut ainsi
planifier ses engagements et consacrer plus de temps à ses autres intérêts.
Sa fascination pour les avions, il avait construit plusieurs modèles réduits,
le mène à la construction d'un avion ultra-léger qu'il
apprend lui-même à piloter. II se consacre aussi au ski et au cyclisme en Estrie,
remodèle sa maison de Ville Mont-Royal et fait lui-même les plans de sa
maison-studio à Sainte-Catherine-de-Hatley, près d'Ayers Cliff, dont
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"Brouillard du matin", aquarelle, 14 x 21 po.
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"Camogil", aquarelle, 14 x 16 po.
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"Rue Mansfield, Montréal"", aquarelle, 14 x 21 po.
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