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Richard Hétu ne fait pas sa quarantaine. C'est un grand adolescent (au
sens positif du terme) qui promène sur les choses de la vie un regard d'une
grande fraîcheur et d'une étonnante sérénité. II vit avec ses parents et, ce
qui n'est plus très courant vous l'admettrez, en parfaite harmonie. Une vie
qui aurait toutes les allures du repli sur soi des grandes solitudes si l'on
ne décelait d'entrée de jeu, dans le regard profond et passionné, le
bouillonnement caractéristique des intelligences à l'affût et des sensibilités
en éveil. Il a aussi le désintéressement du véritable artiste, vous
avouant ingénument
qu'on ne peut retracer
tel grand
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tableau sur lequel on s'extasie, parce qu'il n'a pas pris
la peine de le faire photographier, ni d'en séparer les couleurs en temps
opportun. Dommage! Comment faire, en effet, lorsqu'on entreprendra sur son
oeuvre le livre qui ne saurait tarder? Je parcours les reproductions
photographiques artisanales et je me dis qu'il aurait vraiment valu la peine
de conserver les traces d'un tel cheminement.
Richard Hétu déclare n'être jamais parti en voyage et ne pas en avoir non plus
le goût, mais on comprend qu'en un certain sens il n'en ait pas eu besoin,
car la découverte de son univers
pictural est en
soi une grande
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invitation au voyage, à la manière baudelairienne, où "tout n'est qu'ordre
et beauté, luxe, calme et volupté". Le premier coup d'oeil nous inciterait à
parler d'hyperréalisme tant la netteté du trait et celle du pinceau sont
indéniables (d'ailleurs, ses tableaux sont entièrement dessinés et ombrés
avant d'être peints). Mais lorsque l'on détermine les sujets et les rapports
qui en unissent les éléments, on doit admettre que la netteté en question
n'est pas au service de la fidèle reproduction d'une réalité, plutôt à celui
du monde intérieur de l'artiste.
Et c'est là un voyage dans un
imaginaire tellement
touffu et
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